Daniel Delaune, Maire divers-gauche de Grand-Camp : pourquoi j’ai rejoint le collectif ?

Date de publication : 27 octobre 2012

Daniel Delaune, maire divers-gauche de Seine-Maritime est l’un des initiateurs de l’appel des maires

Pourquoi avez-vous rejoint le collectif ?

Daniel Delaune : Vous le savez, les maires sont les premiers impliqués dans cette affaire. Nous célébrons les mariages. Nous sommes aussi au chevet des familles dans les cas de fracture familiale : décès d’un des parents, séparation, … Puisque le Gouvernement ne donne pas la parole aux élus, nous la prenons.

Qu’est ce qui vous gêne dans ce projet de loi ?

Daniel Delaune : L’enfant est le grand oublié de ce débat. Au nom d’une prétendue égalité des droits, on est en train de créer un système injuste : certains enfants auront la chance d’avoir un père et une mère et d’autres en seront privés délibérément. Et nous savons par de nombreux psys combien l’altérité sexuelle est importante pour la construction des enfants et leur équilibre affectif. Alors, bien sûr, on dira toujours que les enfants s’adaptent. Mais a-t-on le droit de créer un système qui mette les enfants en difficulté ? Entre l’intérêt des parents et l’intérêt des enfants, nous devons choisir les enfants !

Que demandez-vous ?

Je demande d’abord un grand débat national, comme on l’a fait pour la bioéthique ou la réforme de la dépendance. J’ai voté François Hollande le 6 mai dernier car j’étais aussi sensible à sa conception de la démocratie, son souhait de rétablir un vrai dialogue social dans notre pays. J’attends donc qu’il respecte cet engagement. Quand on modifie le code du travail, on consulte les partenaires sociaux. Pourquoi ne fait-on pas de même avec les maires quand on modifie à ce point le mariage civil ? Je crois d’ailleurs qu’il est malhonnête de dire que ce débat a été tranché le 6 mai. Le sondage IFOP qui indique que 2 français sur trois souhaitent être consultés par référendum le montre bien. Je souhaite que la mobilisation des élus soit la plus large possible.